Les avantages du statut
quasi-résident genevois
Le canton de Genève fait exception à la règle quant à l’imposition fiscale. En effet, lorsqu’un contribuable travaille en Suisse mais vit à l’étranger, il peut obtenir le statut de quasi-résident genevois qui lui permet de bénéficier des mêmes droits fiscaux que les résidents suisses. Alors, quels sont les avantages d'obtenir ce statut, notamment lorsqu’on est frontalier ? Suivez le Guide !
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Conseiller : C'est une excellente question, Camille. Genève est en effet un cas particulier en Suisse. Ce statut de quasi-résident permet aux travailleurs frontaliers, qui sont soumis à l'impôt à la source, de bénéficier des mêmes droits fiscaux que les résidents suisses. Concrètement, cela s'appelle la Taxation Ordinaire Ultérieure, ou TOU.
Camille : Donc, si je comprends bien, on peut déduire plus de choses. Quels sont ces avantages concrets pour un frontalier ?
Conseiller : Exactement. L'intérêt principal, c'est la possibilité de déduire de nombreux frais effectifs de sa déclaration d'impôt suisse, tout comme le ferait un résident. C'est un avantage non négligeable qui va bien au-delà du forfait de déduction inclus dans le taux d'impôt à la source habituel.
Camille : Mais il y a un piège, n'est-ce pas ? Ce n'est pas toujours une bonne idée de demander ce statut ?
Conseiller : C'est crucial de le noter. Le statut de quasi-résident n'est pas systématiquement avantageux pour tout le monde. En déclarant ses impôts de manière ordinaire, le contribuable est aussi soumis à l'impôt sur la fortune et sur la valeur locative des biens immobiliers qu'il possède. Il faut donc bien évaluer sa situation car ce choix est irréversible pour l'année en cours.
Camille : Comment savoir si on est éligible pour ce statut de quasi-résident genevois ?
Conseiller : La condition principale, en vigueur depuis 2021, est de percevoir au minimum 90 % de ses revenus bruts imposés en Suisse. Ce calcul se fait sur le foyer fiscal, ce qui signifie que si votre conjoint travaille en France avec un salaire significatif, ou si vous avez des revenus locatifs en France, cela peut vous empêcher d'y prétendre.
Camille : Si on remplit ces conditions, comment est-ce qu'on s'y prend pour l'obtenir et utiliser cette TOU ?
Conseiller : Il faut se rendre sur le formulaire de l'État de Genève pour déterminer votre statut, et les demandes faites en ligne sont traitées en priorité. Une fois le statut attribué, il faut faire une demande de rectification d'impôt via la TOU chaque année, au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'imposition. Vous devrez aussi choisir une adresse permanente en Suisse pour recevoir les communications.
Camille : Et concrètement, qu'est-ce qu'on peut déduire une fois qu'on a ce statut de quasi-résident ?
Conseiller : La liste est assez large et similaire à celle des résidents suisses. On parle des frais professionnels comme les repas ou les frais kilométriques, mais aussi des frais de garde d'enfant, des pensions alimentaires versées, des cotisations d'assurance maladie, des intérêts d'emprunt pour un bien immobilier, ou encore des rachats de cotisations 2e et 3e pilier A.
Camille : On entend parfois parler de DRIS et de TOU. Est-ce que ce sont les mêmes choses, ou y a-t-il des différences importantes à comprendre ?
Conseiller : C'est une distinction essentielle. La DRIS, c'est la Demande de Rectification d'Impôt à la Source, une demande simplifiée pour signaler un changement de situation familiale et bénéficier de déductions forfaitaires minimes. La TOU, elle, permet au quasi-résident de déclarer ses frais réels et de bénéficier de déductions bien plus importantes. La TOU peut aussi être déclenchée d'office par l'administration dans certains cas, par exemple si vous êtes indépendant ou propriétaire à Genève.
Camille : Alors, pour résumer, c'est une belle opportunité pour certains frontaliers, mais à ne pas prendre à la légère ?
Conseiller : Absolument. Le statut de quasi-résident genevois offre de réels avantages fiscaux en permettant les mêmes déductions qu'un résident. Cependant, il est impératif d'évaluer sa situation personnelle avec un calcul précis de vos revenus, de votre patrimoine et de vos frais. Sans cela, vos impôts pourraient augmenter au lieu de diminuer. N'hésitez pas à demander conseil pour faire le bon choix.
Qu'est-ce que le statut de quasi résident ?
Définition du statut de quasi-résident
En tant que travailleur frontalier à Genève, vous êtes soumis à l’impôt à la source en Suisse. Toutefois, vous avez la possibilité d'effectuer votre déclaration en tant que quasi-résident. Le statut de quasi résident genevois autorise les travailleurs qui habitent en dehors de la Suisse, et qui sont soumis à l'impôt à la source (les frontaliers, par exemple), de bénéficier d’une Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU).
Avantages du statut de quasi-résident
La TOU permet au contribuable de déduire ses frais dans sa déclaration d’impôt suisse comme tout résident suisse.
L’avantage non négligeable de ce statut de quasi résident tient dans la possibilité de déduire les frais effectifs grâce à un forfait de déduction mis en place et inclus dans le taux d’impôt à la source.
Ce statut peut s’avérer très intéressant pour le frontalier soumis à l’imposition à la source car il peut bénéficier de déductions fiscales similaires à celles d’un suisse soumis à une imposition classique.
Inconvénients
Cependant, il est nécessaire d’évaluer la situation pour savoir si ce statut de quasi-résident possède un avantage économique pour vous frontalier. En effet, selon les frais à déduire, vos revenus, votre patrimoine ou votre fortune personnelle, le statut de quasi-résident peut être moins avantageux qu’il n’y paraît. Il ne faut pas oublier qu’en déclarant ses impôts de manière ordinaire en Suisse, le contribuable est soumis à l’impôt sur la fortune et également sur la valeur locative des biens immobiliers qu’il possède. Tous ces éléments doivent être pris en compte lors de la demande du statut de quasi-résident. Attention, ce choix est irréversible, c'est pourquoi il doit être mûrement réfléchi.
Dans le doute, n’hésitez pas à faire appel à un expert pour être épaulé dans votre choix et être certain de bénéficier des avantages du quasi-résident ! Sans calcul précis, vos impôts pourraient augmenter au lieu de vous faire bénéficier d'avantages fiscaux.
Comment obtenir le statut de quasi résident ?
Conditions requises
Pour prétendre au statut de quasi résident, et depuis 2021, vous devez avoir au minimum 90 % de vos revenus bruts imposés en Suisse. Pour savoir si vous remplissez ces conditions, vous devez :
- avoir connaissance de l’ensemble de vos revenus bruts (et ceux de votre conjoint) ;
- déterminer la part de ces revenus qui sont imposables en Suisse selon les règles d’attribution internationales.
Une fois ces informations collectées, vous pouvez vous rendre sur le formulaire de l’Etat de Genève pour déterminer votre statut de quasi-résident.
Il s’agit d’un calcul sur le foyer fiscal, ce qui signifie que vous ne pouvez pas prétendre au statut de quasi-résident si :
- votre conjoint travaille en France (à moins qu’il s’agisse d’un salaire minime) ;
- vous percevez des revenus locatifs ou fonciers en France.
Bon à savoir : la Suisse considère le Pacs comme une union libre.
Obtenir le statut de quasi-résident peut prendre plusieurs mois, tout en sachant que les demandes effectuées en ligne (e-démarches) sont traitées en priorité.
Dans cet intervalle, vous recevez un courrier de traitement de votre dossier par l’Administration Fiscale Cantonale (AFC) indiquant si votre dossier est complet, ou s’il ne l’est pas et qu’il leur faut des renseignements supplémentaires.
Les démarches
Si le statut de quasi résident genevois vous est attribué, chaque année, vous allez pouvoir faire une demande de rectification d'impôt via la TOU. Cette demande vous permet de déclarer vos frais réels qui viendront en déduction de vos impôts.
La demande de TOU doit être effectuée via un formulaire de demande de rectification de l’impôt à la source DRIS/TOU via votre compte sur le site du canton de Genève (ou par courrier à l’administration fiscale du canton). Il vous faudra ensuite remplir votre déclaration fiscale. Attention, cette demande doit être réalisée au plus tard le 31 mars de l’année qui suit celle de l’imposition.
La demande de TOU pour le statut de quasi-résident doit être renouvelée chaque année, pour l’année en cours, où seront prélevés à la source du salaire les impôts du frontalier.
Notez que vous devez choisir une adresse permanente en Suisse pour obtenir la décision de l’administration fiscale suisse. Pour cela, vous pouvez compléter le formulaire d’élection de domicile. Par défaut, c'est l'adresse de votre employeur qui servira d'adresse de correspondance.
Délai de traitement TOU
Concernant le délai de traitement, les services de l’impôt à la source vous adressent une déclaration à remplir que vous devez leur retourner dans les deux mois en joignant les justificatifs demandés. Vous devez aussi :
- compléter le formulaire pour déterminer votre statut de quasi-résident ;
- activer votre correspondance pour recevoir les informations concernant le traitement de votre dossier.
Quelles différences entre la rectification DRIS et TOU ?
DRIS : Demande de rectification d'impôt à la source
La DRIS est ce que l'on appelle une demande de rectification simplifiée. Elle concerne tous les frontaliers genevois qui ne sont pas sous le statut de quasi-résident. La DRIS permet d'annoncer un changement de situation familiale (mariage, naissance, divorce, etc.) et ainsi d'être taxé sur le barème correspondant à votre situation réelle. La DRIS bénéficie de déductions forfaitaires prévues par le cadre légal, mais celles-ci restent minimes par rapport à la TOU.
De même que la TOU, cette déclaration doit être réalisée chaque année. Une fois le formulaire DRIS dûment rempli et envoyé, vous recevez un accusé de réception de la part des services fiscaux qui calculent le montant de votre nouvel impôt pour l'année en cours.
TOU d'office
Pour les frontaliers (non-résidents) imposés à la source, la TOU ne devient pas “obligatoire” au sens d’une annonce unique comme pour certains résidents : elle est soit demandée, soit déclenchée d’office par l’Administration fiscale cantonale (AFC) quand votre situation crée deux impositions ou nécessite un taux correct basé sur l’ensemble de vos revenus et de votre fortune.
Concrètement, l’AFC applique une TOU d’office si vous êtes salarié à Genève et que :
- vous êtes aussi indépendant à Genève,
- propriétaire d’un bien immobilier à Genève,
- ou marié avec un conjoint qui est indépendant ou propriétaire à Genève.
Cette TOU d’office n’est pas automatiquement reconduite : votre dossier est réexaminé chaque année.
J'ai besoin d'aide pour déclarer ma TOU
Qu'est-ce que je peux déduire de mes impôts à Genève ?
Les frais effectifs sont donc les sommes déductibles via la TOU. Il s’agit :
- des frais professionnels, comme les repas, les frais kilométriques, les coûts de formation ;
- des frais de garde d’enfant et des pensions alimentaires versées ;
- des cotisations à l’assurance maladie ;
- des intérêts d’emprunt pour une résidence principale ou secondaire et pour tout autre type d'emprunt ;
- des travaux de l’habitation principale ou secondaire ;
- des rachats de cotisations du 2e pilier (prévoyance) ;
- des cotisations de 3e pilier A.
Si plusieurs de ces frais effectifs font partie de votre quotidien, le statut de quasi-résident vous permettra de les déduire de vos impôts suisses et de profiter d’un avantage fiscal non négligeable.
Je veux déduire mes frais effectifs
Les avantages fiscaux sont intéressants lorsqu’on est quasi-résident car ils permettent de bénéficier des mêmes conditions d’imposition qu’un résident suisse. En tant que frontalier, la demande de statut de quasi-résident est une opportunité à saisir si vous remplissez les conditions d'éligibilité. Toutefois, notez qu'une fois votre demande validée, vous ne pouvez pas revenir en arrière pour l'année en cours, et cela même si les déductions et votre barème ne sont pas à votre avantage. En effet, il arrive parfois que vous ayez plus d'impôts à payer, alors mieux vaut être bien conseillé !
Vous êtes frontalier mais vous ne savez pas si vous pouvez prétendre au statut de quasi-résident ? Contactez-nous pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé et faire le bon choix !