Travail en Suisse Frontalier : les dessous de Genève

5 août 2022 Lecture 5 min.
Travail en Suisse Frontalier : les dessous de Genève

Dans les croyances populaires, la Suisse est un Eldorado. Ses paysages magnifiques, sa qualité de vie, son système politique, sans parler de ses fromages et de son chocolat qui attirent évidemment de nombreux étrangers. Mais ce qui pousse chaque année des milliers de personnes, notamment des frontaliers, à venir s’établir en Suisse c’est le salaire attractif de nombreux secteurs en demande de main-d’œuvre. Genève en est un parfait exemple qui attire particulièrement grâce à son noyau d’entreprises et de sièges mondialement connus tels que l’OMS, les Nations Unies, etc. Alors, combien de frontaliers tentent leur chance ? Qu’est-ce que l’ORP et comment procéder pour se faire une place sur le marché de l’emploi ? Et surtout, quels secteurs d’activités recrutent le plus ? Pour tout savoir sur le travail en Suisse frontalier et connaître les dessous de Genève, suivez le Guide !

 

Quel est le nombre de frontaliers à Genève ?

Le nombre de frontaliers n’a cessé d’augmenter depuis 1998, une nette hausse a été constatée à partir de 2004 (+ 4,4 % par an[1]) en raison de la libéralisation du marché du travail suisse qui s’est ouvert aux travailleurs étrangers.

En mars 2022, le nombre de frontaliers travaillant à Genève était de 99 832 contre 35 079 en 2002[2]. Un chiffre qui, selon l’Observatoire des frontaliers, devrait doubler d’ici 2035.

Selon l’OFS (Office Fédéral de la Statistique), cette hausse significative du nombre de frontaliers dans le canton de Genève s’explique par l’introduction de la libre circulation des personnes, conjointe à une croissance économique importante depuis les années 90.

 

ORP Genève offre d’emploi : comment ça marche ?

 

Qu’est-ce que l’ORP ?

Il s’agit de l’Office Régional de Placement. L’ORP permet d’être inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi, elle correspond au Pôle Emploi français. Notez qu’en tant que frontalier, si vous perdez votre emploi en Suisse, vous serez suivi et inscrit sur la liste des demandeurs d’emploi en France et non sur le territoire helvète. Vous ne dépendez donc pas de l’ORP.

Cependant, il est possible de demander un suivi en complément par l’ORP cantonale de Genève en remplissant ce formulaire : Inscription à l’ORP d’une personne frontalière inscrite à Pôle emploi.

En mars 2022, le taux de chômage à Genève était de 4,1 %[3] soit 10 264 chômeurs inscrits auprès d’un office de placement. Au niveau national, la Suisse compte 98 004[4] demandeurs d’emploi (sur 8 927 007 d’habitants) contre 2,2 millions en France au 1er trimestre 2022 (sur 67 813 396 habitants).

 

La priorité aux Suisses

Même si la Suisse a besoin d’une main-d’œuvre étrangère pour faire fonctionner l’économie de son pays, il est important de savoir que les employeurs se doivent de donner la priorité aux Suisses. Certaines annonces sont réservées aux résidents notamment dans le canton genevois. Elles sont ensuite ouvertes au public frontalier quelques jours après leur première parution.

Certains nomment cette pratique la préférence cantonale ou nationale. Cette « préférence nationale » remet en cause les accords de libre circulation des personnes entre l’Helvétie et l’Europe et donc du travail travail en Suisse frontalier. Dans une interview relatée par Le Messager, Véronique Kämpfen, directrice de la communication de Fédération des entreprises romandes (FER) explique :

« Les employeurs domiciliés en Suisse sont tenus d’annoncer leurs postes vacants à l’Office régional de placement ou au service de l’emploi de leur canton lorsque le taux de chômage suisse moyen de la profession recherchée est égal ou supérieur à 5 %. Cette obligation est la conséquence de l’initiative contre l’immigration de masse que le peuple suisse a acceptée en 2014. La liste des genres de professions soumises à l’obligation d’annoncer les postes vacants à l’ORP est publiée par le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) sur sa plateforme en ligne travail.swiss.ch. »

Elle poursuit :

« Les postes vacants devant être annoncés aux ORP sont soumis à une interdiction de publication de cinq jours ouvrables à partir du premier jour ouvrable suivant la publication du poste vacant sur le portail destiné aux demandeurs d’emploi inscrits auprès d’un ORP. Ce délai d’interdiction de publication est incompressible ».

Par ailleurs, cette obligation d’annonce de postes vacants concernerait principalement les offices publics et non les entreprises privées. Selon Esther Mamarbachi, la porte-parole du Département de l’économie et de l’emploi de Genève : «  L’objectif est de permettre aux chômeurs suisses d’être placés prioritairement, à compétences égales, par rapport à d’autres personnes. »

Notons qu’il n’y a rien d’anormal à user de protectionnisme et de privilégier les résidents de son pays. La Suisse ne fait pas exception, car cette pratique est courante dans le reste du monde. Sans faire de discrimination, il s’agit d’éviter un taux de chômage trop élevé et d’éviter à la population de tomber en dessous du seuil de pauvreté.

 

Travail en Suisse frontalier : quels sont les métiers d’avenir ?

 

Une concurrence féroce

Pour trouver du travail en Suisse frontalier, la règle est la même qu’ailleurs, démarquez-vous ! Là où les employeurs français privilégient les CV courts et synthétisés, les recruteurs suisses apprécient qu’un candidat détaille son parcours académique, ses expériences professionnelles, sans omettre de donner les coordonnées de ses précédents employeurs.

N’oubliez pas que la Suisse est découpée en plusieurs bassins d’emploi. Ainsi, Genève fait partie du bassin de la Suisse romande et peut avoir des critères de sélection différents des autres cantons. Selon votre secteur d’activité, il se pourrait qu’un bassin soit moins en demande qu’un autre. Il vous faut donc vous renseigner sur les bassins en demande de main-d’œuvre dans votre branche professionnelle pour avoir plus de chance d’être reçu.

 

Les secteurs qui recrutent

Parmi les secteurs les plus attractifs financièrement, on retrouve le monde de la finance, de l’hôtellerie et du tourisme (appelé CHR pour café, hôtellerie, restauration). Mais aussi les métiers qui englobent les services et les soins à la personne (infirmiers, aide-soignant, sages-femmes, aides à domicile), la main-d’œuvre française est très appréciée dans le médical. L’informatique et le domaine de la pharmaceutique et de la chimie sont aussi en constant recrutement.

Attention, certaines professions réglementées requièrent l’équivalence du diplôme obtenu à l’étranger. C’est le cas du corps médical, des opticiens ou encore des électriciens. Vous devrez alors faire reconnaître votre titre professionnel par une autorité nationale ou cantonale (liste des professions réglementées).

Avec son taux de chômage le moins élevé d’Europe et ses salaires attractifs, la Suisse et notamment Genève détient un marché du travail stable qui donne envie de s’y aventurer. Mais attention munissez-vous d’un CV de choc et d’une motivation à toute épreuve, car la priorité est donnée aux Suisses concernant certaines offres d’emploi, et une candidature réussie est une candidature qui sort du lot. Vous devrez donc user de tous vos atouts et sortir du lot pour obtenir le Graal de l’emploi à Genève.

 

Gardez aussi en tête que la Suisse est un pays à part entière qui n’a pas le même système de santé ni la même administration qu’en France. Cotisations, assurances, imposition, le tout variant d’un canton à un autre, renseignez-vous sur l’aspect social et fiscal du statut de travailleur frontalier. Prêt à rechercher le job de vos rêves ? Alors, retrouvez tous nos conseils pour réaliser un CV et une lettre de motivation que les employeurs ne pourront pas refuser !

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