Prêt en devise frontalier
VS crédit en euros
Vous avez trouvé le job de vos rêves en Suisse, et vous avez pris vos marques dans cette nouvelle vie. Félicitations ! Depuis que vos revenus ont augmenté, vous envisagez d'investir vos deniers dans une valeur sûre, l'immobilier. Après de nombreuses recherches, vous avez trouvé un bien immobilier qui semble répondre à tous vos critères. Cependant, pour financer votre achat, vous hésitez encore entre un prêt en devise frontalier ou un crédit en euros. Parce qu’il n’est pas toujours simple de faire un choix, le Guide du Frontalier vous dit tout ce qu’il faut savoir pour obtenir le prêt immobilier idéal à votre situation de frontalier !
Voix de synthèse générées par IA à partir de l'article. Lire la transcription
Conseiller : Absolument Camille. Pour les frontaliers qui travaillent en Suisse et vivent en France, l'immobilier est un investissement majeur. Le choix du prêt est crucial et se résume souvent à ces deux options principales, chacune ayant ses spécificités et ses implications pour votre budget et votre projet.
Camille : Commençons par le prêt en devise frontalier. Qu'est-ce que c'est exactement et en quoi est-il différent d'un prêt classique?
Conseiller : Ce prêt est conçu pour les personnes qui perçoivent leur salaire en francs suisses mais achètent un bien en euros en France. L'avantage majeur est que vous empruntez en euros, mais remboursez vos mensualités en francs suisses, ce qui vous protège des fluctuations du taux de change entre l'euro et le franc suisse qui pourraient lourdement impacter votre remboursement. Comme pour un prêt classique, vous avez le choix entre un taux fixe ou variable.
Camille : C'est très clair. Y a-t-il des conditions spécifiques pour pouvoir bénéficier de ce type de prêt?
Conseiller : Oui, il y a plusieurs critères importants imposés par le Code de la Consommation. Vous devez percevoir au moins la moitié de vos revenus annuels en CHF, posséder un patrimoine d'au moins 20% de la somme empruntée en CHF, ne pas dépasser un taux d'endettement de 35% de vos revenus nets, et disposer d'un apport personnel couvrant au minimum les frais liés à l'achat, qui peut provenir de votre 2e ou 3e pilier suisse à hauteur de 10% pour votre résidence principale.
Camille : Et si on se tourne vers un crédit en euros, le prêt plus traditionnel, quels sont les points à considérer pour un frontalier?
Conseiller : Le crédit en euros est un prêt classique que vous empruntez et remboursez en euros. Pour un frontalier, il peut être intéressant si vous envisagez de revendre votre bien rapidement, car il n'y a pas de risque de change sur la valeur du capital emprunté au moment de la revente. Cependant, le revers de la médaille est que vous devrez convertir vos francs suisses en euros chaque mois pour rembourser, ce qui vous expose aux variations importantes du taux de change et peut rendre vos mensualités imprévisibles.
Camille : Donc, le prêt en devise frontalier semble avoir de solides atouts. Quels sont ses principaux avantages par rapport au crédit en euros?
Conseiller : Le franc suisse est une monnaie forte avec un taux Libor CHF généralement plus faible, ce qui rend le prêt en CHF potentiellement moins cher sur le long terme. Le remboursement dans la monnaie de votre salaire élimine les fluctuations de change et les échanges de devises. De plus, il peut être couplé avec un prêt à taux zéro en France dans certaines zones frontalières, et donne accès à des assurances sur mesure pour les frontaliers.
Camille : C'est très instructif. Pour conclure, quels conseils clés donneriez-vous à nos auditeurs qui envisagent un prêt immobilier en tant que frontaliers?
Conseiller : Je leur conseillerais de bien déterminer leur capacité d'emprunt en ne dépassant pas un tiers de leur revenu net, d'estimer une durée de crédit limitée à 25 ans, car une durée plus courte réduit le coût total des intérêts. Il est aussi essentiel de se constituer un apport, qui devrait au minimum couvrir les frais et peut être complété par votre 2e ou 3e pilier. Enfin, n'hésitez pas à faire jouer la concurrence entre les banques et à négocier votre assurance emprunteur. Si vous n'êtes pas à l'aise, faites-vous accompagner par un expert comme un courtier.
Camille : Un grand merci pour toutes ces précisions. Il semble donc que le prêt en devise frontalier soit une excellente option, surtout si l'on projette de vivre longtemps dans son logement et que l'on est bien conseillé.
Conseiller : Exactement. Il est idéal pour un projet de vie sur le long terme, où le bien aura le temps de prendre de la valeur et de couvrir les intérêts du crédit. Cependant, en cas de revente rapide, il faut être conscient du risque lié au taux de change qui pourrait entraîner une vente à perte pour solder le crédit. Bien s'informer et se faire accompagner par un expert est la clé pour prendre la bonne décision.
Qu’est-ce qu’un prêt en devise frontalier ?
Caractéristiques du prêt en devise frontalier
Le prêt en devise frontalier concerne les personnes qui travaillent en Suisse de manière permanente, vivent en France, et réalisent le trajet entre les deux pays quotidiennement.
Comme vous percevez un salaire en francs suisses, ce prêt en devise vous permet d’emprunter en euros pour acheter un bien en euros également, mais tout en remboursant vos mensualités en francs suisses. Il s’agit donc d’une possibilité intéressante pour éviter d’être soumis aux fluctuations du taux de change qui peut impacter lourdement cet emprunt, en raison du montant élevé demandé.
Le prêt en devise frontalier possède la même caractéristique que les prêts immobiliers classiques concernant les deux types de taux possibles : vous avez le choix de réaliser un emprunt à taux fixe ou à taux variable.
- Le taux fixe est idéal si vous aimez contrôler votre budget et jouer la sécurité. Il vous permet de rembourser le même montant chaque mois, mais il peut s’avérer élevé selon le moment où vous demandez votre prêt.
- Le taux variable, comme son nom l'indique, peut varier (à la hausse ou à la baisse) par l’Euribor qui détermine l’évolution des taux immobiliers. Il peut être faible au moment de votre prêt, mais varier dans le temps. Ce type de taux ne permet pas d’obtenir le coût total d’un crédit sur toute sa durée. Il peut donc jouer en votre faveur ou non.
Conditions pour obtenir un prêt en devise frontalier
Le prêt en devise frontalier ne s’appelle pas comme cela sans raison : il concerne les frontaliers et est donc soumis à certaines conditions imposées par le Code de la Consommation.
- Percevoir au moins la moitié de vos revenus annuels en CHF ;
- posséder un patrimoine d’au moins 20 % de la somme que vous souhaitez emprunter en francs suisses ;
- ne pas dépasser un taux d'endettement de 35 % de revenus nets (assurance emprunteur incluse) ;
- disposer d’un apport personnel qui doit au minimum couvrir les frais liés à votre achat. Il peut provenir de votre 2e ou 3e pilier (si vous y avez souscrit). Bien qu’il s’agisse d’une épargne pour votre retraite, vous avez la possibilité d’utiliser une partie de votre capital (à hauteur de 10 %) pour l’achat de votre résidence principale.
Prêt en devise frontalier ou crédit en euros : que choisir ?
Propriétés du crédit en euros
Le crédit en euros est un prêt traditionnel que vous réalisez en euros, et que vous remboursez dans la même devise (EUR).
Pour un frontalier, la question du crédit en euros peut se poser si vous envisagez de revendre votre bien pendant les premières années de votre crédit. En effet, en raison des aléas du taux de change des devises EUR/CHF, la vente de votre bien pourrait être inférieure à sa valeur initiale si vous choisissez le prêt en devise frontalier. Selon la valeur du franc suisse au moment de la vente, il est possible que vous ayez besoin d'une plus grosse somme pour couvrir votre crédit que celle estimée de la valeur de votre bien. Vous pouvez donc revendre à perte, car la vente en euros ne suffirait pas à solder votre crédit. En choisissant le crédit classique en euros, vous n’avez pas cet inconvénient en cas de revente.
Cependant, il vous faudra faire un exercice de conversion soumis aux variations importantes du taux de change. Percevoir un salaire en francs suisses et rembourser son crédit en euros impose de changer vos devises chaque mois et donc de subir les aléas du marché des devises.
Avantages du prêt en devise frontalier
Le prêt en devise frontalier possède des avantages non négligeables qui font pencher la balance en comparaison avec un crédit en euros :
- le franc suisse est une monnaie dite « forte » Le taux Libor CHF est plus faible, le prêt en CHF vous coûte donc moins cher sur le long terme ;
- le remboursement de votre prêt se fait en CHF, dans la monnaie du salaire que vous percevez. Pas de fluctuation du taux de change, et pas d’échange de devises à effectuer ;
- la possibilité de coupler votre prêt en devise frontalier avec un prêt à taux zéro (PTZ) en France si vous vivez dans certaines villes proches de la frontière suisse (appelée « zone A » ;
- l’accès à des assurances sur mesure pour les frontaliers comme l’assurance décès-invalidité en devises qui permet de regrouper les dépenses.
Prêt en devise frontalier : quelques conseils
Avant de vous lancer dans la demande d’un prêt en devise frontalier, il est nécessaire de faire le bilan sur certains points pour être au clair avec votre situation.
Déterminer sa capacité d’emprunt
Votre capacité d’emprunt est déterminée par les crédits en cours que vous avez (crédit auto ou à la consommation) des pensions alimentaires versées et de l’estimation de votre future mensualité pour votre prêt immobilier. Ce montant total ne doit pas dépasser ⅓ de votre revenu net et cela inclut votre salaire, vos rentes ou pensions si vous en avez, etc. Ne surestimez pas votre capacité d’emprunt : en cas de doute, alignez-vous sur votre loyer et vos dépenses actuelles, et estimez votre épargne mensuelle afin de conserver le même niveau de vie.
Estimer sa durée de crédit
La durée d’un prêt en devise frontalier, tout comme les prêts en euros, ne dépasse pas 25 ans. Cette durée impacte le coût total de votre crédit, car plus celle-ci est longue, plus vous payez vos mensualités longtemps et donc plus vous devez d’intérêts à la banque. Il est donc préférable de limiter la durée de son prêt en devise frontalier : apport plus important, ou encore mensualités plus élevées peuvent réduire la durée de vos créances.
Se constituer un apport
Dans le cas d’un prêt en devise frontalier, on vous demandera un apport dont la somme doit au minimum pouvoir couvrir vos frais de crédit (10 % pour les frontaliers, 20 à 30 % pour les résidents suisses). Comme expliqué précédemment, vous avez la possibilité d’utiliser 10 % de votre 2e ou 3e pilier suisse comme apport lors d’un achat immobilier en résidence principale. Notez que plus vous êtes âgés, plus cet apport devient important : on ne vous reprochera pas de ne pas pouvoir constituer un apport élevé si vous avez 30 ans et débutez dans la vie active. Cependant, si vous n’avez pas un apport suffisant à 50 ans, les banques seront davantage frileuses à vous octroyer un prêt.
Faire jouer la concurrence
N’hésitez pas à faire le tour des banques et des établissements de crédit une fois votre dossier complet. Il s’agit d’un marché concurrentiel, vous pouvez donc comparer les offres de prêts en devise frontalier que l’on vous propose et négocier certaines conditions (taux d’intérêt, assurances, frais de dossier, etc.)
Négocier son assurance emprunteur
Non obligatoire, mais souvent exigée par les banques, l’assurance emprunteur vous met à l’abri, ainsi que votre famille en cas de décès, d’invalidité, d’incapacité de travail ou de perte d’emploi dans certains cas. Elle permet de couvrir vos échéances et de rembourser la banque. Cette assurance emprunteur, tout comme le taux d’intérêt du prêt en devise frontalier se négocie et peut impacter parfois fortement le coût global de votre crédit.
Se faire accompagner
Si vous n’êtes pas très à l’aise pour faire jouer la concurrence, prenez contact avec un expert comme un courtier. En plus de vous décharger totalement de la partie recherche, il sera également le meilleur négociateur pour vous représenter et défendre vos intérêts. Il saura vers qui s’orienter en fonction de votre profil, de votre situation financière, de votre statut professionnel et de votre capacité d’emprunt. Un gain de temps, d’énergie et de paperasse administrative !
Le prêt en devise frontalier est donc une bonne solution pour réaliser un crédit si vous envisagez de vivre longtemps dans votre logement, suffisamment pour avoir couvert les intérêts du crédit et que le bien ait pris de la valeur. Dans le cas contraire, en cas de revente quelques années après l'achat, vous pourriez vendre à perte afin de réunir la somme nécessaire au remboursement de votre crédit à cause du taux de change. Pour mettre toutes les chances de votre côté, n’hésitez pas à vous tenir informé des conditions d’obtention de votre prêt en devise frontalier et faites-vous accompagner par un expert. Restez connecté sur le pour trouver l’endroit idéal pour vous installer confortablement !